2.14.2010

- Spinoza - La révolution trahie 1 & 2_>DELEUZE 16/12/80 501/3A

_______________________Excerpt of the Deleuze Spinoza lecture from webdeleuze site And __ 1980 with audio/ combine excerpt from radio France broadcast


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Mais en même temps pourquoi est-ce qu’il ne parle jamais de révolte, de révolution ? Est-ce parce qu’il est modéré Spinoza ? Sans doute il est modéré, quoi qu’il y ait cette histoire du dessin révolutionnaire qui est bizarre, mais à ce moment là, même les extrémistes hésitaient à parler de révolution. Même les gauchistes de l’époque. Et les collégiens, tous ces types qui étaient contre l’Eglise, tous ces catholiques étaient assez, ce qu’on appellerait aujourd’hui les catholiques d’extrême gauche, c’était très curieux. C’est des milieux très bizarres mais pourquoi les gens ne parlent pas de révolution ? Contrairement à ce qu’on dit, il y a une bêtise qu’on dit même dans les manuels d’histoire tout le temps, qu’il n’y a pas eu de révolution anglaise. Tout le monde sait qu’il y avait parfaitement une révolution anglaise. Une formidable révolution anglaise, c’est la révolution de Cromwell. Et que la révolution de Cromwell a été le cas où tout est à la limite extrêmement pur. Ç’a été la révolution trahie aussitôt faite.



Quand on fait semblant aujourd’hui de découvrir le problème de la révolution trahie, il faut pas charier. Tout le 17éme siècle est plein de réflexions là dessus, comment est-ce que une révolution peut ne pas être trahie ? Non, il faut pas croire que c’est un nouveau problème de 1975, avec les droits de l’homme, ou avec la découverte qu’il y a un goulag en Russie. La révolution, elle a toujours été pensée par les révolutionnaires à partir de ceci : Comment ça se fait que ce truc là soit constamment trahi ? Or l’exemple moderne, l’exemple récent, contemporain de Spinoza c’est la révolution de Cromwell qui a été le plus fantastique traître à la révolution que lui même, Cromwell, avait imposée. Et si vous prenez là je dis un peu n’importe quoi mais c’est pour vous faire sentir que ce problème est très très présent chez les gens, si vous prenez, alors bien après ce qu’on appelle le romantisme anglais. Le romantisme anglais qui est un mouvement non seulement poétique, fantastique et littéraire mais qui est un mouvement politique intense. Tout le romantisme anglais est centré sur le thème de la révolution trahie.
- Comment vivre encore alors que la révolution est trahie et semble avoir comme destination d’être trahie ? Et le modèle qui obsède les grands romantiques anglais c’est le cas plus ancien, puisque du temps, c’est toujours Cromwell. Et pour les révolutionnaires anglais, l’image à la fois fascinante et abjecte. Qu’est ce que ce type a fait, si vous voulez, Cromwell est vécu, là je crois que j’exagère à peine, à cette époque comme Staline aujourd’hui. Et qu’est ce qui se passe ? Si Spinoza parle jamais de la révolution c’est parce qu’il ne parle pas de révolution. Personne n’en parle. Pas du tout parce qu’ils n’ont pas d’équivalent dans la tête. C’est je crois pour une toute autre raison parce que le mot absolument, ils n’excluent pas du tout des actions violentes. Ils appellent pas ça révolution parce que la révolution c’est Cromwell. Enfin il y a de ça, j’exagère,peut être il y a de ça.


Or au moment du Traité Théologico-Politique Spinoza croit encore dans les chances d’une monarchie libérale, en gros. Là ce que vient de dire Comtesse à la fin de sa seconde intervention c’est vrai du Traité Théologico-Politique à mon avis. Ça ne l’est plus du traité politique. Les frères de Witt ont été assassinés, là dessus il n’y a plus de compromis possible, Spinoza sait bien que, il renonce à publier l’Ethique, Spinoza sait que c’est foutu. Et finalement à ce moment là Spinoza, semble t’il, tendrait beaucoup plus à penser aux chances - sous quelles formes concrètes - d’une démocratie. Et le thème de la démocratie apparaît beaucoup plus dans le Traité Politique que dans le Traité Théologico-Politique qui en restait à la perspective d’une monarchie libérale. Mais une démocratie ça serait quoi au niveau des Pays-Bas ? C’est justement ce qui a été liquidé. Les chances d’une démocratie c’est ce qui a été liquidé avec l’assassinat des frères de Witt. Alors c’est pas facile et comme par symbole comme on dit Spinoza meurt quand il en est dans le Traité Politique au chapitre démocratie. On ne saura pas ce qu’il aurait dit dans ce chapitre.

transcription :LEDANNOIS Marc

DELEUZE 16/12/80 501/3A


( from voix de gilles deleuze)






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To my dismay only three (1, 2, and 4) of these links are still working . it looks like sections 3/ and 5 were taken down. .
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